Bilan global de mon parcours au bout d’un an

Hello,

J’avais commencé ce blog il y a environ un an et un mois, soit vers mars 2011. Dans cet article, on peut retrouver que je m’étais à l’époque lancé un challenge, celui de gagner 2000€ avant la fin de l’année. J’avais commencé en NL4 avec une bankroll proche des 200€, ce qui m’a fait passer assez rapidement en NL10. Ensuite, après des mois de grind et de travail, j’ai réussi à monter ma bankroll à quatre chiffres et à aller jouer en NL50.

 

Malheureusement, j’ai eu une période un peu faste où je n’ai plus beaucoup joué, mais j’ai bien repris depuis janvier. En repartant avec 700€ au début de cette année, j’ai retrouvé aujourd’hui le niveau de bankroll que j’avais en septembre dernier, soit aux alentours de 1800€. Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour moi. Je sais que je bats la NL25 et je sais que je dois encore un peu travailler pour la NL50. Je dois aussi augmenter mon volume qui est bien trop faible (seulement 40 000 mains en quatre mois !). Voilà mes résultats lifetime :

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Et la courbe qui va avec :

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Je suis plutôt fier de mes résultats, malgré une faiblesse au niveau du volume, je pourrais augmenter mon gain horaire. Je pense pouvoir dire que je bats les limites au moins jusqu’à la NL25.

Quid du futur à présent que cela est passé ? Mes objectifs sont à présent d’augmenter doucement mon volume. Pour le mois d’avril, je me suis fixé un volume de 20 000 mains, soit environ 700 par jour. Je pense essayer ainsi chaque mois augmenter mon volume moyen quotidien de 100 mains par jour afin d’atteindre les 30 000 mains mensuel, et j’aviserai alors à nouveau. Je souhaite m’installer assez rapidement en NL50, pour la fin du mois, je l’espère, si ça se passe bien, mais je reste assez confiant. Ensuite, j’aurais un gros boulot sur cette limite pour la crusher véritablement. Tout comme j’ai joué près de 80 000 mains en NL25, il faudra que j’en joue au moins autant en NL50, donc j’y resterai sans doute de nombreux mois, et j’ai l’intime espoir de pouvoir tâter la NL100 d’ici la fin de l’année ! Je devrai beaucoup travailler mon jeu pour jouer contre les regs aussi, affiner mon observation sur les tables et me préparer pour les limites supérieures. Ce sera probablement difficile, mais je continuerai le chemin que j’ai construit jusqu’ici par le travail.

 

Par ailleurs, si cela intéresse des joueurs se trouvant dans une situation similaire à la mienne et qui souhaitent travailler leur jeu avec moi, via des session review, des sessions à plusieurs, des analyses à thème, ou autres si vous avez des idées… Vous pouvez me contacter sur skype : CharlesPkR.

 

Bon grind !

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Le rapport à l’argent du joueur de poker

                Ce n’est pas tout à fait de stratégie dont je voudrais parler aujourd’hui, mais plus de la vie en général du joueur de poker, son ressenti, son mental, sa façon de percevoir les choses, et plus particulièrement dans cet article, son rapport à l’argent.

              L’argent est clairement omniprésent dans le milieu du poker. Quand on joue soi-même aux tables, on voit s’échanger à chaque instant des centaines d’euros entre les joueurs. À l’échelle d’une room, ce sont chaque jour des millions d’euros qui vont de la poche de certains dans la poche d’autres, puis reviennent, et ainsi de suite, un petit pourcentage étant prélevé à chaque échange pour que la room puisse gagner sa vie. À une échelle internationale, ce sont chaque année des milliards de dollars qui sont brassés dans le seul milieu du poker. C’est dire à quel point l’argent y a une place cruciale, pour un simple jeu, contrairement par exemple aux échecs, qui est un jeu au moins aussi riche au niveau de la stratégie, mais où un bon joueur ne gagnera rien (financièrement parlant), et un grand Maître fera pâle figure comparé aux gains des plus grands gagnants au poker. Ce n’est probablement pas sans raison si on retrouve chez les joueurs de poker de nombreux anciens champions d’échecs.

          Mais passons, ce n’est pas tout à fait le sujet que j’aimerais aborder. Je voudrais parler du rapport qu’entretien un joueur de poker avec l’argent et parler de ma propre expérience. J’ai reçu une éducation où on m’a dit que jouer de l’argent c’était très mal (comme boire de l’alcool), qu’il ne fallait absolument jamais le faire, et c’était suffisamment ancré dans mon esprit pour avoir une image très négative de tous les gens qui soit allaient dans les casinos (bien qu’en voyant des films à ce sujet, c’était assez tentant), où ceux qui achetaient des tickets à gratter et ce genre de trucs. A priori, je n’étais pas vraiment prédestiné à jouer de l’argent au poker. Pourtant, on m’a appris à jouer au poker (on m’a appris les règles plutôt :p), et je suis rapidement tombé sur une room de poker à jouer en virtuel, sur Everest Poker au début.

                 Je m’y amusais comme n’importe quel  autre jeu, mais j’avais bien remarqué qu’il était possible d’y jouer de l’argent. J’étais tout de même très réticent puisque pour moi, ce genre de choses sur internet était à l’image de tous les casinos en ligne qu’on voyait dans les pop-ups intrusifs plein de virus etc etc… Néanmoins, sur Everest, on pouvait jouer des tournois SnG Shasta, en Limit, 9 joueurs, avec 0.05 pour le 1er, 0.03 pour le 2e et 0.02 pour le 3e. Autrement dit rien, mais l’idée avait germé dans mon esprit de les jouer. Je l’ai fait et j’ai même réussi à gagner quelques euros au final (vite reperdus bien sûr !).

                Toutefois, en parallèle, je regardais sur internet comment améliorer mes skills, et c’est de cette manière que j’ai découvert PokerStrategy.com et leur offre des 50$ gratuits. En effet, comme beaucoup de gens, absolument jamais je n’aurais investi de ma propre poche de l’argent dans le poker, c’était absolument hors de question. Mais là, c’était 50$ gratuits, j’ai donc essayé, et j’ai gagné un petit peu d’argent.

                J’étais donc déjà passé de l’individu méprisant les jeux d’argent à celui tenté par une offre gratuite pour jouer de l’argent.

                Pendant longtemps, je suis resté mauvais, sans travailler mon jeu, à stagner avec ma mini bankroll à 3 voire 2 chiffres. C’est seulement en 2010, quelques mois avant la régulation du marché, que j’avais commencé à bosser mes skills en SnG, puis après la régulation, en Cash Game.  J’avais alors gagné un peu d’argent, pas beaucoup, mais j’avais suffisamment retiré pour pouvoir me dire « si je dépose de l’argent maintenant, ce n’est pas comme si c’était mon propre argent étant donné que j’en ai déjà gagné avec le poker ». J’ai donc tout naturellement fait un dépôt en arrivant sur les rooms françaises. Nouveau cap, je suis devenu un joueur pour qui déposer de l’argent sur une room de poker n’était plus un problème. Peu à peu, j’ai eu un comportement face à l’argent qui était de moins en moins prudent.

                Néanmoins, j’ai fait fructifier ma bankroll doucement, sans dépasser les 500-600 euros, que j’ai cash-out par la suite, puis c’est seulement en mars 2011, lors de l’ouverture de ce blog, que j’ai réellement commencé à grinder sérieusement les limites en travaillant vraiment dur. Je suis alors monté à près de 1800€ de bankroll, que j’ai cash-out, et en janvier, j’ai directement recash-in 700€. 700€, c’est une sacrée somme pour un étudiant, on ne dépense pas ça comme ça sur un coup de tête. Et je préfère ne pas imaginer la tête de mon entourage si je vais leur annoncer sans détour que « j’ai déposé 700€ pour jouer de l’argent ». Pourtant, ce qui m’aurait semblé inimaginable quelques années plus tôt s’est passé, et ça ne me dérange aucunement. Simplement, étant autrefois plutôt anti-jeux d’argent, je suis passé à consommateur régulier de jeux d’argent, retirant et injectant des sommes « importantes » (importantes surtout dans le contexte où je suis étudiant sans revenu, outre quelques cours particuliers).

                Cette expérience a aussi complètement changé mon rapport à l’argent dans la vie de tous les jours. Je raconte brièvement ma vie pour placer le contexte : Depuis 2008, je suis étudiant et j’ai la chance d’avoir des parents qui me paient la location de mon studio et me versent chaque mois un peu plus de 300€ pour que je puisse m’en mettre plein la panse modulo les frais habituels que n’importe qui a. Bref, au début, cette somme me permettait de vivre tranquillement, sans faire d’achat supplémentaire inutile, me permettant de faire mes courses sans avoir besoin de tout calculer comme pour un budget serré, et je ne faisais clairement pas d’excès. Il m’arrivait toutefois d’arriver à économiser un peu, et de m’offrir un petit quelque chose, je pense notamment à cette fois-là où je m’étais acheté un stylo plume dans les 50€ (je suis assez fan des plumes). C’était une grosse dépense pour moi, et j’y avais longuement réfléchi avant, j’avais laissé l’idée mûrir dans ma tête plusieurs semaines pour être sûr.

                Un an et demi plus tard et quelques dizaines de milliers de mains de poker plus tard, je me suis acheté un stylo plume à 200€ en prenant beaucoup moins de temps de réflexion. À l’époque, ça m’avait choqué, parce que j’étais tout à fait conscient de la différence d’attitude (en fait, c’est justement me rendre compte de ça qui m’a fait me rendre compte de l’évolution de mon rapport à l’argent). Le fait de manipuler régulièrement de l’argent aux tables de poker et d’en avoir gagner m’avait rendu beaucoup moins prudent dans mes dépenses. C’est encore pire aujourd’hui. J’ai l’habitude d’avoir devant moi des tables où j’ai facilement 200€ en jeu au total. Chaque jour, je gagne ou perd des 50€ voire plus par fois, j’ai des ups & downs de plusieurs centaines d’euros chaque semaine. C’est avec cette expérience, et cette habitude, que je suis aujourd’hui beaucoup plus désinhibé face à l’argent. Acheter un bouquin à 40€ ? Bah, il a l’air plutôt cool ce bouquin, allez hop ! Jamais ça ne se serait passé de cette manière il y a deux ans. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Je dépense certes plus, mais pas plus que ce que  je gagne, je ne tombe pas non plus dans l’achat compulsif (peut-être un peu pour les bouquins, j’en lis cinq en même temps en ce moment, mais je pense qu’un bouquin n’est jamais perdu :p), et je tiens régulièrement et sagement mes comptes.

Parce que j'aime bien le petit Nicolas

                Il existe un côté très positif à ça. C’est la situation directement sur les tables. Dans l’idéal, on doit justement être au maximum désinhibé pour ne pas être influencé par les gains ou pertes de sommes d’argent qui nous paraissent importantes. Si on est affecté par la perte de deux ou trois caves à notre limite, alors notre jeu va s’en ressentir, ce qui est forcément mauvais pour notre bankroll. Il est donc conseillé aux joueurs d’essayer au maximum de se désinhiber au maximum face à l’argent manipulé. Souvent, les joueurs répondent « Hein ? Oui je suis d’accord, mais je fais comment ? », mais ils n’obtiennent que rarement (jamais ?) de réponse satisfaisante. Parfois, on leur dit « Raisonne en big blind et non en euro ! », mais c’est plus facile qu’à faire. Ce sont des euros qui s’affichent à la table, et non des bigs blinds. Mais, je serai rassurant, je peux vous assurer que ça vient tout simplement avec la pratique. On est toujours un peu scared money quand on arrive sur une limite, et c’est tout à fait normal, puisqu’on manipule des montants qui sont en général le double de ce qu’on manipulait avant. Il faut des milliers de mains avant de s’habituer. D’ailleurs, ça explique en partie un échec d’un shoot à une limite supérieure. Même si on ne s’en rend pas compte, notre jeu est souvent affecté par ce ressenti face à cet argent. Si on perd trois caves en une session à la limite supérieure de celle habituelle, ça correspond à six de d’habitude, et c’est beaucoup, ça fait mal là où ça passe.

                Aujourd’hui, j’en suis à près de 200 000 mains jouées depuis mars 2011, et je peux vous assurer que les montants que je manipule en ce moment en NL25 ne m’affectent vraiment plus. Ce qui va plutôt m’affecter, ce sera plutôt des sessions comme ce matin, avec des tables ultra fishy (sérieusement, je n’avais jamais vu ça, plus de 40% de vpip moyen par table sur 6 tables en même temps), et malgré ça, je finis une cave en négatif, et en plus, j’ai fait des bêtises. Ça, ça m’affecte, parce que j’ai été stupide. Mais la perte d’une cave, on s’en fout !

                Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui. Je voulais partager mon expérience et mon point de vue sur ce sujet assez sensible. C’est aussi à cause de l’argent que le poker est un jeu sujet à l’addiction. Ce jeu m’a énormément désensibilisé face à l’argent.

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La base du poker : Pourquoi mise-t-on ?

Si vous débutez au poker ou si vous avez déjà accumulés un peu d’expérience mais êtes bloqués dans les micro-limites, alors cet article pourra vous être utile. J’aurai mis beaucoup de temps pour le publier, mais je vais essayer de faire quelque chose de vraiment génial et utile !

Les mauvais joueurs sont ceux qui ne réfléchissent pas à la table. Ils ne savent pas pourquoi ils effectuent telle ou telle action. Lorsque vous jouez, vous devez toujours vous demander le pourquoi de vos actions, et essayer d’en obtenir une réponse cohérente. Si certains joueurs le savent, connaissent les raisons qui pourraient s’appliquer et arrivent tant bien que mal à se débrouiller, la plupart n’arrivent pas à répondre à ses questions. Cet article n’aura pas pour vocation de transformer chaque lecteur en un joueur pouvant répondre parfaitement de ses actions, mais je vais essayer de vous montrer, d’abord au travers d’explications théoriques puis ensuite à l’aide d’exemples de mains, quelles peuvent être les réponses, et j’espère pouvoir vous sensibiliser à l’importance de la réalisation de ce travail par vous-même.

Vous le savez bien, il faut être agressif pour gagner au poker. Soyez passifs, et vous perdrez à coup sûr (en accusant la variance ou les rooms truquées, au choix !). Il est donc judicieux de ne louper aucune occasion de miser, étant donné que ce sont ces occasions qui vont vous faire gagner. À chaque fois que c’est à votre tour de jouer, posez-vous la question « Dois-je miser maintenant ? ». Si la réponse est oui, misez. Si la réponse est non, alors évaluez les autres options, mais seulement après. Le check peut être l’unique autre solution, mais dans le cas où un autre adversaire a misé avant vous, alors vous devriez call si vous avez une equity suffisante en fonction de la cote du pot qui vous est offerte, et éventuellement de la cote implicite que vous devez estimer. Bref, une fois que vous avez rejeté l’option du raise, la situation est relativement simple, il n’est plus question que de hand reading et de mathématiques enfantines.

J’ai volontairement omis un passage dans mon explication. Comme répondre à la question « Dois-je miser maintenant ? ». C’est ici que se trouve la difficulté. Il n’y a évidemment pas de réponse toute faite, les situations étant toutes différentes. Je peux toutefois essayer de vous soulager la tâche en apportant les trois raisons qui pourraient vous pousser à envisager une mise que j’illustrerai à l’aide d’exemples.

La première raison est la value. Lorsqu’on mise pour value, on s’attend à ce que l’adversaire nous suive avec une main moins forte. Plus précisément, on estime que la range avec laquelle va suivre notre adversaire est derrière la nôtre, ce qui implique qu’à chaque fois qu’il call, il fait une erreur, et donc nous gagnons de l’argent. Si par exemple on a AK en main, le flop est K72r. Alors on mise parce qu’on estime que l’adversaire va call avec des mains comme KQ, KJ, 88-QQ, etc… Il callera probablement aussi avec KK, 77 et 22 qui nous battent, mais si on prend sa range dans toute sa globalité, alors on est devant, et on fait donc un value bet. En micro-limites, c’est le bet le plus important. Effectivement, comme les joueurs ont tendance à beaucoup trop suivre, avec des mains beaucoup trop faibles, alors on va faire beaucoup de value bet avec nos mains fortes.

Joyeuses Pâques !

La deuxième raison est le bluff.  Lorsqu’on mise en bluff, cela signifie qu’on espère faire se coucher une main meilleure que la nôtre. Par exemple, en reprenant le flop précédent, K72r, imaginons que nous ayons à présent 98 avec la position et l’initiative. Notre adversaire check, et nous misons. On mise en bluff ici pour faire fold des mains comme 7x (87, 76 par exemple), ou des Ax, Qx, etc… qui sont devant nous. Le bluff a moins d’importance en micro-limites, pour la même raison que le bet pour value en a. Si les joueurs suivent trop avec des mains faibles, alors il devient difficile de les bluffer. C’est d’ailleurs pour cette même raison que les joueurs de micro-limites gagnants ont une courbe bleue positive et une rouge négative (la plupart du temps) tandis que c’est le contraire pour les joueurs de hautes limites. Il faut user avec prudence du bluff en micro-limites. Je conseille de ne jamais (il y a évidemment toujours des exceptions) essayer de bluffer contre une top paire. Les conditions pour réussir un bluff sont de bien réussir à lire la range de l’adversaire, et de savoir si estimer si oui ou non il saura fold les mains qu’on veut lui faire fold avec une mise. Quand on débute, on ne bluffe presque jamais. Les seuls bluffs qu’on fait sont les continuation bet. C’est seulement ensuite, avec l’expérience, qu’on commence à essayer d’autres choses, mais il faut y aller avec prudence toujours.

Enfin, la troisième raison est moins évidente. La plupart du temps, elle s’inscrit légèrement dans une des deux précédentes raisons, mais pas suffisamment pour justifier la mise avec cette seule raison, il faut ajouter un argument. Le cas classique est lorsque nous avons par exemple AK sur un flop T62r en étant hors de position.  Si on mise, quelles mains moins fortes vont nous suivre ? A priori aucune, Villain ne va pas suivre avec K high, donc ce n’est pas une mise pour value. Et quelles mains plus fortes pourrait-on faire se coucher ? Une paire de 2, peut-être 33-66, mais vraiment très peu de mains en fait, pas suffisamment pour vraiment justifier un bluff. D’autant plus que même contre une paire de 2, on doit avoir près de 50% d’equity. En fait, on va miser pour ramasser l’argent mort au milieu. On va faire fold des mains comme QJ, J9, 98, etc… plein de mains qui n’ont pas touché mais qui ont au moins 6 outs, voire plus si elles ont des gutshot par exemple. Miser contre ces mains, c’est voler la part d’equity qu’elles ont contre nous. De plus, dans les cas où on sera call (et donc on sera derrière), alors l’argent qu’on aura ramassé les fois où l’adversaire aura fold suffira pour compenser les pertes quand il call. Bien sûr, il y a d’autres manières de jouer la main, on pourrait checker pour induire un bluff, mais ça n’entre pas dans le cadre de l’article. De plus, comme je le disais au départ, cette mise s’inscrit la plupart du temps un peu soit dans la value ou le bluff. Ici, dans mon exemple, c’est un peu du bluff étant donné qu’on fait fold tout de même quelques petites paires qui nous battent.

 ♠ ♥ ♣ 

Nous avons donc vu les trois et trois seules raisons qui nous permettent de justifier un raise. Si je reprends le raisonnement du départ, cela veut dire que lors de votre prochaine session, vous vous demanderez à chaque fois que c’est votre tour de jouer : « Dois-je miser ? Est-ce que je suis devant sa range de call ? Est-ce qu’il peut coucher une meilleure main et quelle partie de sa range le fais-je se coucher ? Est-ce que c’est une bonne opportunité pour miser et remporter l’argent mort au milieu ? » Évidemment, cela prend du temps, et si vous le faites sérieusement, il se pourrait que vos sessions soit réellement épuisantes au début. Mais peu à peu, si vous êtes travailleur, cela deviendra naturel et si quelqu’un vient vous demander sur une main « Mais pourquoi tu mises ? », alors vous saurez toujours répondre. Cela fera de vous un joueur gagnant.

Protégez vous sur les tables !

On ajoute souvent d’une autre raison de miser : la protection. On parle de mise de protection quand on a une main faite sur un flop à tirages. Par exemple AK sur un flop K76s. Des tirages couleur et quinte sont possibles, et on ne veut pas leur donner la carte du turn gratuitement. On mise donc pour protection. La mise pour protection est en fait avant tout une mise pour la value. On casse la cote du pot du tirage et on espère que l’adversaire va nous suivre avec sa main plus faible, hors cote, faisant ainsi une erreur. On gagne donc de l’argent.

C’est la fin de cet article. J’ai exposé ici des concepts très basiques que tout joueur sérieux se doit de connaître. Néanmoins, il y a « connaître » et il y a « maîtriser ». On doit d’abord comprendre, puis assimiler, puis s’entraîner, travailler, et à force de labeur, on arrive à la maîtrise. Cela ne vient pas seulement en lisant des articles. Je vous invite à sérieusement travailler cette réflexion et à en prendre le réflexe. On n’a pas toujours le temps de réfléchir à tout lors d’une session, mais les session review sont là pour ça. Notez les mains lors desquelles vous hésitez pendant votre session, et réfléchissez-y plus tard.

J’espère que cet article vous aura plu ! N’hésitez pas à laisser un commentaire.

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De nouvelles aventures en perspective !

Bonjour ami lecteur,

Je suis de retour sur mon blog et prêt à proposer de nouveaux articles. J’ai délaissé mon blog depuis octobre surtout par manque de motivation, je n’avais plus envie d’écrire d’articles. Étant donné que j’avais décidé d’arrêter mon challenge, notamment pour des raisons émotionnelles, parce que j’avais compris que c’était une erreur de jouer au poker en se fixant des objectifs monétaires, je n’avais plus grand chose à dire, même après une maigre tentative de reprise avec un article en novembre. En parallèle, mon volume de jeu a lui aussi diminué et ma situation pokeristique est devenue assez chaotique.

J’ai quitté PartyPoker fin septembre, comme je l’indiquais dans l’article Downswing et tilt : Un nouveau départ, j’avais cash-out toute ma bankroll de presque 2000€ et j’étais reparti sur Winamax avec 500€, mais je comptais compléter avec un autre cash-in un peu plus tard, après avoir repris confiance en mon jeu en NL5 ou NL10. J’ai tout de même joué quelque chose comme 7000 mains avant d’être un peu impatient et de finalement retourner en NL10, puis NL20. Mon volume était tout de même très pauvre sur octobre et novembre. La room ne m’a pas autant plus que je le pensais, et j’ai finalement migré vers Pokerstars en décembre, dans l’optique de tâter un peu le terrain avant de peut-être commencer à me lancer dans un objectif de Supernova pour l’année 2012. Mais, comme vous le savez, le système VIP de Pokerstars est devenu beaucoup moins profitable. Mi-janvier, j’ai donc décidé de changer à nouveau de room et de retourner sur le réseau PartyGaming, mais sur la room d’ACFPoker pour débloquer le bonus premier dépôt. Et voilà où j’en suis maintenant !

J’ai démarré mi-janvier avec environ 700€ de bankroll et j’ai joué en NL25, un peu en NL50 aussi mais jamais énormément, à cause du BRM. Je suis à présent à environ 1400€ et ça se passe bien. On peut afficher une petite courbe lifetime (je tiens à préciser aussi que j’ai démarré ce blog, et donc cette courbe il y a à peine plus d’un an) :

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Ça me fait d’ailleurs remarquer que je dépasse tout juste les 2000€ de gains ! Je n’affiche plus la courbe avec les bonus etc… parce que je ne les tiens plus à jour.

Donc… Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Je n’ai plus de challenge à suivre, mais je vais garder ce blog pour m’en servir comme carnet de bord pour bra… tenir à jour mes résultats, et écrire mes réflexions personnelles à propos du travail technique de mon jeu.

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Combattre le tilt : Jouez votre A-Game aussi souvent que possible !

Bonjour,

Voilà un petit moment que je n’ai pas posté d’article, et je vous amène aujourd’hui un gros gros article. En fait, je vais le séparer en petits articles parce que c’est un peu long pour moi.

J’ai pris conscience ces dernières semaines à quel point la plupart des joueurs, même parmi les gagnants, sont très indisciplinés lorsqu’ils jouent au poker. Je vais essayer d’écrire cet article en relatant les erreurs que je vois le plus souvent et en expliquant d’abord pourquoi c’est une erreur, et ensuite comment la résoudre. Ceci dans le but d’améliorer notre mental au poker, pour jouer notre A-Game (c’est-à-dire votre meilleur jeu théorique lorsque vous êtes dans votre meilleure forme) et éviter le plus possible de partir en tilt.

Tout d’abord, pour fixer les idées, j’appelle A-Game le meilleur jeu qu’on puisse avoir selon notre niveau technique et j’appellerai tilt l’état dans lequel on est à partir du moment où on ne joue plus notre A-Game. On joue alors notre B-Game, lorsqu’on est déconcentré, qu’on fait autre chose en même temps, ou bien un peu fatigué, un peu énervé, ou bien on joue le C-Game, qui est alors catastrophique pour notre jeu puisqu’on est alors complètement submergés par les émotions, incapables de prendre des décisions rationnelles.

Chez certains, le B-Game va encore être gagnant, mais énormément moins que l’A-Game. Quant au C-Game, il est clairement dévastateur pour notre bankroll.

 

Erreur 1 : Se focaliser sur les bad beats.

Concentrer son attention sur les bad beats est une énorme erreur qui est ultra répandue. Cela peut prendre plusieurs formes. On peut simplement se prendre un bad beat et y penser pendant 10 minutes lors de la session, ou bien avoir le besoin de partager la peine, recevoir de la compassion, en racontant le bad beat pendant la session à quelqu’un sur msn, skype, etc… Cela peut être de retourner voir la main, de la poster sur un forum après la session, et de se plaindre. La plupart du temps, les joueurs vont même poster plusieurs bad beats, dans une session où ils ont été relativement malchanceux.

C’est une grosse erreur que les joueurs font. Tout d’abord, lorsqu’ils sont affectés par le résultat du bad beat (ça peut aussi être une main mal jouée, un play horrible d’un adversaire, etc…), ils continuent d’y penser pendant la session, ce qui inévitablement ruine leur concentration. Ils ne pensent plus qu’à ce bad beat. Beaucoup de joueurs vont, après la rencontre, aller regarder leur résultat à ce moment de la session, certains vont même faire le calcul de ce qu’il en serait s’ils avaient gagné la main. Tout cela entraîne une baisse de la concentration, donc une dégradation de notre jeu, et on plonge dans le B-Game.

Le joueur doit comprendre que le résultat d’une main n’importe pas. Il ne doit pas être result oriented quand il joue une main. Il doit prendre les bonnes décisions au bon moment, et une fois que la main est terminée, elle est terminée et on ne peut plus revenir dessus. Alors il est inutile de continuer à se torturer l’esprit en y repensant. Il est évident que cela démolit notre jeu ! On ne peut pas changer le résultat, on doit l’accepter, voire même ne pas y faire attention, et passer à la suite, parce qu’on continue à jouer et on se doit de continuer à jouer notre A-Game.

Donc simplement, lorsque vous subissez une mauvaise rencontre, n’y faites simplement pas attention, concentrez-vous d’autant plus sur les mains suivantes, chassez de vos pensées le coup et surtout… surtout n’allez pas le poster à votre super pote, ni sur un forum quelconque, cela va seulement altérer votre jeu (et en plus vous dérangez quelqu’un pour rien et qui s’en fout la plupart du temps).

Je sais très bien que malgré tout, certains liront cet article, se diront qu’ils devraient faire attention, mais continueront 2 jours plus tard leurs mauvaises habitudes. Tant pis pour eux, et je m’en réjouis, parce que c’est grâce à ces joueurs-là que le poker reste et sera toujours profitable.

On peut d’ailleurs faire un petit calcul assez parlant. Imaginez que vous soyez légèrement fatigué, vous avez une main forte comme AQ sur un board 8AT K 3 avec aucune possibilité de couleur. Vous avez la position, vous misez flop, puis turn, et sur la river, l’adversaire, qui est passif, bet à hauteur du pot, 50 big blinds. Vous avez TP avec un très bon kicker, vous callez avec votre main normalement après avoir value sur deux streets. Et pourtant, si vous n’étiez pas fatigué à ce moment-là, si vous n’étiez pas un peu énervé, si vous n’étiez pas déconcentré par le coin flip perdu quelques mains avant, si vous ne pensiez pas « si je fold ici, je vais avoir encore plus de mal à rattraper mes pertes », vous auriez analysé plus finement la main, vous vous seriez aperçu que vous ne battez que AJ ici, qui reste très peu dans l’éventail de Villain, et que vous auriez dû donc fold. À la limite où vous jouez, vous gagnez 5bb/100 avec votre A-Game. À cause de ce coup, qui vous a fait perdre 50bb parce que vous étiez dans votre B-Game, votre session de 1000 mains qui est théoriquement à 5bb/100 passe directement à 0bb/100. Cela à cause d’une seule main, et votre état de déconcentration est toujours là sur toutes les autres mains… Je vous laisse imaginer la catastrophe.

Le pire, c’est que la personne qui m’a montré cette main (pas plus tard que la nuit dernière, donc il était très probablement fatigué), m’a dit qu’il n’avait pas trop réfléchi sur cette main. Je lui ai demandé alors pourquoi il continuait à jouer s’il était bien conscient qu’il n’était plus capable de jouer son A-Game. Il m’a répondu qu’il y avait des fish à la table. Peu importe qu’il y ait des fish à la table, vous voyez bien avec quelle rapidité les quelques gains que vous faites avec votre edge qui reste toujours très faible au poker s’envolent pour devenir des pertes, même avec des fish à la table. Ce joueur a à mon avis un problème d’ego, et s’il a très sûrement un jeu technique très bon, il sera freiné par cet ego et cette incapacité à jouer son A-Game.

Le problème des bad beats est très lié à un autre problème : Celui d’être attaché à l’argent qu’on joue au poker. C’est ce dont on va parler dans la prochaine partie.

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Le challenge est mort et enterré ! Gloubi boulga de ces dernières semaines.

Bonjour,

Comme je vous l’annonçais récemment, je n’ai compris que maintenant à quel point il est dangereux et surtout onéreux de se fixer des objectifs « chiffrés ». J’entends par là par exemple « Gagner 4000 € » ou même des objectifs du genre « Battre telle limite avant telle date ». Ce genre d’objectifs va nous obliger à nous focaliser sur nos résultats à court terme. Du coup, nous serons complètement affectés par les gains ou pertes à court terme. Pour les gains, ce n’est pas grave, mais quand on est affecté par les pertes, notre jeu s’en trouve lui aussi affecté, ce qui est bien plus grave.

J’ai donc supprimé la page qui présentait mon challenge, et j’ai renommé la catégorie « Challenge 4000 € » en « Mon parcours ». Si j’avais à me fixer un objectif, à présent, ce serait celui de jouer le plus souvent mon A-Game. J’aimerais avoir l’occasion de revenir sur cette notion dans des articles plus complets, mais c’est assez confus dans ma tête pour le moment, et assez désorganisé. J’arrive à l’appliquer pour moi, mais c’est encore difficile à expliquer ce qu’il faut faire, et pourquoi.

Comme je l’avais expliqué, j’avais donc déposé 500€ sur Winamax, puis joué en NL5. J’ai fait quelques events des Winamax Series mais aucune réelle performance. Après environ 7000 mains de NL5 où je me suis vraiment appliqué à jouer correctement, j’ai redéposé 500€ pour jouer en NL10. J’ai à présent un peu moins de 1000€ de bankroll, afin de me laisser le temps de gagner tranquillement quelques caves en NL10, puis rapidement passer en NL20 pour reconstruire alors doucement ma bankroll.

Mon niveau technique va continuer à évoluer doucement, mais c’est surtout mon mental qui va énormément progresser, comme c’est déjà le cas depuis quelques semaines. Je joue vraiment de manière beaucoup plus saine de cette manière. D’ailleurs, tant qu’à parler de mon niveau technique, celui-ci s’améliorer tout de même pas mal, puisqu’en tant qu’analyste de la Sharkschool, je suis amené à analyser beaucoup de mains de joueurs débutants. Ces analyses me forcent vraiment à réfléchir complètement pour chaque main, parce que je ne veux pas dire de bêtise. J’utilise beaucoup un logiciel me permettant d’avoir l’equity de ma main contre une range adverse pour faire mes analyses, et je ressens directement dans mon propre jeu ce travail que je fais. C’est réellement très enrichissant !

Voilà où j’en suis actuellement, et je vais essayer de reprendre mes vidéos à présent, si j’en trouve le temps !

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Sharkschool : Une école de poker encadrée !

Salut tout le monde !

Aujourd’hui, je viens vous parler de la sharkschool. Qu’est-ce donc ? Vous connaissez probablement déjà PokerStrategy.com. Eh bien, cette école de poker a proposé à sa communauté de participer à une formation de poker pour le cash game.

Environ 200 élèves ont été sélectionnés (sur des critères de résultats notamment, afin que ce soit de vrais débutants pour la plupart) pour y participer. Ces élèves vont suivre un programme semaine après semaine. Ils doivent en fait créer une feuille de route qu’ils vont compléter au fur et à mesure. Ils vont avoir pour chaque semaine des articles stratégiques à lire, ainsi que des vidéos, et des questions de réflexion. Sur leur feuille de route, ils indiquent alors ce qui leur a posé problème, leurs interrogations, etc… Ensuite, chaque élève est accompagné par un analyste qui va les guider, les conseiller et vérifier qu’ils tiennent bien à jour leur feuille de route.

Cette Sharkschool est une vraie aubaine pour de nombreux joueurs qui restent bloqués aux plus petites limites et n’arrivent pas à progresser. Ainsi, ils sont complètement encadrés, ils savent quoi travailler et des analystes les guident pour qu’ils s’améliorent encore plus rapidement.

Eh bien, j’ai l’honneur de faire partie de ces analystes et d’avoir le devoir de m’occuper d’une douzaine d’élèves ! Je vais essayer d’en faire des joueurs gagnants jusqu’en NL10 au moins, et de transmettre tout le savoir possible pour les aider. C’est pour moi une expérience toute nouvelle, étant donné que bien que j’ai par le passé aidé de temps en temps quelques joueurs, je n’ai jamais eu à m’acquitter d’une telle tâche.

C’est aussi une réelle opportunité pour moi d’améliorer mon jeu, étant donné qu’à chaque fois que je donne un conseil, mon élève me donne beaucoup de crédibilité, et je me dois donc absolument de ne pas dire de bêtise. Ceci me force à réfléchir plus profondément sur tous les concepts dont je parle.

Je serai amené à parler de nombreux domaines, et j’essaierai en parallèle d’en faire profiter au maximum ce blog, ce qui entrera bien sûr dans ma série « Battre la NL10 ».

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